Hervé LASNIER 07/17

Hervé LASNIER

"Couleurs de Stars".                                                                                                                                                      Du 1er au 31 juillet 2017.

Vernissage le vendredi 7 Juillet à partir de 18h !!

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« Open’Art » : Rencontre à la ferme d’Hervé Lasnier, Portraitiste et coloriste passionné.
Suite à l’accrochage des 16 portraits d’Hervé, nous prenons nos aises et nous installons autour d’une bière locale afin de démarrer notre première interview. Inhabitués de notre côté, nous essayons d’opter pour un échange construit, qui prend vite une toute autre tournure... La banane à s’en faire mal au zygomatique et les oreilles grandes ouvertes, nous démarrons l’interview par une question très formelle !

Lucie :  Alors, Hervé, peux-tu te présenter ?

Hervé : Et bien que veux-tu que je te dise, je m’appelle Hervé, j’ai 67 ans et j’ai failli mourir de la coqueluche à 5 ans. En 1955, les bébés mourraient TRAGIQUEMENT car il n’y avait pas de vaccin. Ma mère a failli me perdre. Et voilà... D’où l’importance des vaccins.

Un silence s’installe puis le naturel revient au galop ! Nous éclatons de rire de l’étonnante réponse d’Hervé qui casse l’ambiance. Nous essayons de reprendre notre sérieux en formulant une autre question ...

Lucie : Dans ta présentation écrite, le nom de ton document s’intitule “Daddy”. Est-ce ton surnom réservé aux intimes ?

Hervé : Ah oui ! la question m’a surpris d’ailleurs, non ce n’est pas un surnom ! C’est ma fille qui s’est occupée de ça et qui a nommé le document ! Maintenant que j’y pense, cela pourrait avoir un rapport avec le musicien Marcel Dadi. Grand guitariste français qui a joué avec les meilleurs et qui a inventé une technique de guitare qui s’appelle la guitare « piking » mais comme je suis trompettiste ...

Lucie : A quel moment tu as su que tu voulais pratiquer la peinture ?

Hervé : C’est presque arrivé d’un coup ! Alors même si j’ai toujours dessiné, même si j’étais premier de ma classe et que j’ai eu 18 au bac en dessin, enfin bref.... Il y en a plein des gens comme ça. Pendant des années et des années, j’ai fait de la bande dessinée pour adulte.


Lucie : ah bon ? Comment ça pour adulte ? 
Hervé : Oui, enfin non ce n’est pas ce que tu crois... Adulte dans le sens trash et humour noir, ça c’est la fac de médecine parce que je suis pharmacien de métier ! Mais dans les années 80, c’est compliqué de sortir du lot surtout quand on n’habite pas Paris ! D’autant plus qu’on n’avait pas les moyens numériques d’aujourd’hui. Alors je me suis lassé ! C’est en 85, lorsqu’un copain musicien et très bon dessinateur est venu passer quelques jours à la maison et m’a conseillé de lire la biographie de Picasso. Il m’a dit « tiens, lis ça, tu vas voir, c’est génial ! »  Alors, j’ai lu cette biographie et là... je suis tombé complètement raide d’admiration de la carrière aussi monstrueuse de celle de Pablo Picasso. Et c’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic ! Terminé les petites vignettes 8 cm sur 6 !

Lucie : As-tu suivi une formation ?

Hervé : Je me suis inscrit au cours du soir des beaux-arts de Rennes, je m’y rendais deux fois par semaine, mais au bout de deux ans, je me suis encore lassé. Le prof m’a dit « Mais Hervé, tu n’as pas besoin de nous » puis je me suis mis dans la peinture et je suis tombé dans la marmite !


Lucie : Quel genre d’artiste es-tu ? Plutôt Braque, Vasarely  ?
Hervé : Alors, j’ai essayé plusieurs styles, d’abord à l’huile, j’en mettais partout mes vêtements, alors je me faisais engueuler par qui vous soupçonnez. Et puis, il fallait attendre un temps infini pour que ça sèche donc je me suis mis à l’acrylique. Depuis, je n’ai jamais arrêté ! Et toujours en couleur ! Mais comme je te le disais tout à l’heure, j’ai essayé plusieurs styles. Comme Picasso. Enfin, toute modestie mise à part, tous les 10 ans, je change car je fais vite le tour et n’ai plus rien à dire. Peindre le même tableau toute sa vie, ce n’est pas fait pour moi. Alors, je ne suis sans doute pas un bon peintre, ni un grand peintre, ni même un peintre du tout, mais au moins je suis un créatif !


Lucie : Pourquoi des portraits aussi colorés ?

Hervé : Parce que je suis noir à l’intérieur, toujours un peu tu vois...  « Couci-couça » entre une dépression et une autre, enfin bref ! Ce qui est étonnant psychanalytiquement, c’est que j’envoie des choses très colorées. D’ailleurs c’est un psychiatre visiteur qui me l’a révélé, il m’a dit : « Vous, vous avez besoin d’être aimé ! » et là j’ai réfléchi et je me suis dit oui, j’aime bien qu’on m’aime 😊

Lucie : L’art a donc été pour toi un moyen d’expression ?
Hervé : Oui, TOTALEMENT ! le besoin de m’exprimer est un besoin que j’ai perpétuellement, tous les jours, du matin au soir !

Lucie : Et le jazz dans tout cela ? As-tu dû faire un choix entre les deux à un moment donné dans ton parcours professionnel ?

Hervé : Je pratiquais la musique à un niveau semi-pro, enfin amateur éclairé, enfin, bon niveau quoi,  mais j’ai été obligé d’arrêter. La musique m’a également permis de m’exprimer. La peinture est arrivée au bon moment dans ma vie, mais l’un n’a pas remplacé l’autre. Des fois, je peux être une journée sans rien dire ! Mais en réalité, je suis obligé de m’exprimer.

Lucie : Enfant, tu étais plutôt quelqu’un d’extraverti ou plutôt quelqu’un d’introverti qui avait besoin d’une forme d’art pour s’exprimer ?

Hervé : Dans ma jeunesse, j’étais un gamin sous la coupe de sa mère ! D’ailleurs, je le suis encore d’une façon ou d’une autre ! On reconnaissait mes talents puisque j’avais des bonnes notes à l’école mais ça s’arrêtait là ! Comme j’étais bon à l’école, dans une famille extra modeste, il n’était pas question que je me perde ! Je dois beaucoup à ma mère qui m’a fait apprendre la musique à l’âge de 8 ans. Mais de là à en faire une carrière, un projet, ma vie ; non ! J’ai poursuivi un parcours traditionnel pour faire plaisir, mais j’étais frustré d’être bridé dans une discipline de fer.

Lucie : ce n’était pas la suite logique...

Hervé : C’est ça, alors je suis devenu pharmacien ! J’ai pratiqué tout le reste en amateur éclairé parce que ce sont des choses qui m’intéressent autrement plus que de vendre des suppositoires à des mecs qui n’en ont pas besoin  !


Nous éclatons de rire une fois de plus et nous nous écartons légèrement sur le sujet qu’on évitera de détailler !

Lucie : Quelle est l’amorce de ton travail ?

Hervé : La première chose que je fais, c’est de me mettre dans la peau de l’artiste que je peins, alors pour ça, je me documente sur leur vie, leur passé...Avant, je peignais des jazzmen, des pêcheurs, des paysages enfin tout un tas de trucs ! Mais rien qui ne ressembla à untel ou untel. Je ne peignais pas Armstrong avec sa trompette mais un trompettiste !

Lucie : Tu peins principalement des artistes morts, c’est parce que tu aimes les artistes eux mêmes, ou bien parce qu’ils t’ont véhiculé une émotion ou un souvenir en particulier ?

Hervé : Mes souvenirs sont tous en noir et blanc ! Les artistes de mon époque que je vois dans ma cervelle sont tous en noir et blanc (Charlie Chaplin, les tontons flingueurs etc...). J’adapte mes photos en enlevant tout ce qui est anecdotique, je garde le portrait tel qu’il est en leur donnant des couleurs qui en principe expriment le charisme de l’artiste. Ce que j’aime, c’est la créativité artistique, c’est la beauté des gens, même ceux qui ne sont pas beaux, sont intéressants !

Lucie : Chacune de tes toiles dégage une intensité, donne un charisme à part entière aux personnages, on imagine très facilement un contexte derrière, est-ce-par rapport aux couleurs que tu appliques ?

Hervé : Oui, le contexte se fait avec les couleurs. La lumière arrive naturellement sur mon sujet sans que je le lui la notifie sur la toile. L’émotion, je la tire d’un fait précis. Lorsque les artistes sont sur scène, les projecteurs les illuminent et ils passent par toutes les couleurs que ce soit vert, jaune, rouge, bleu, rose, violet etc ! Les artistes parlent d’eux-mêmes, je n’ai pas besoin d’ajouter quoique ce soit !

Lucie : Une chose que tu voudrais ajouter Hervé ?

Hervé : Que la peinture m’a appris la modestie !

Hervé : ...Je crois qu’on à fait le tour !

Lucie : Merci à toi Hervé, rendez-vous vendredi 7 !

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